Creation platform Carthago

L’intervention architecturale est réduite au minimum: un ‘foyer’ au sens théâtral traverse le bâtiment en largeur et suscite une nouvelle répartition des espaces en lieux de travail et de création.
Sur le terrain, les compétences des maîtres d’ouvrage, des entreprises et de L’Escaut se mêlent afin de refaçonner le bâtiment, de réinterpréter les débris en mobilier.

Rencontres impromptues
Tout commence par un stage de théâtre organisé au rez-de-chaussée de L’Escaut par le CIFAS. Rencontre de Lazare, comédien et futur maître d’ouvrage en quête d’architecte.
Quelques marches plus haut et quelques mois plus tard, la compagnie Societas Péridurale pose les jalons d’un nouveau projet :
- un bâtiment industriel des années 20 de 1200m2 - une compagnie sans lieu de répétition - des travaux à débuter au plus vite, avant d’avoir les pieds dans l’eau!

Le foyer comme colonne vertébrale
Il y a désormais sept personnes autour de la table qui se demandent comment utiliser au mieux un bâtiment rempli de vestiges. L’intervention architecturale sera réduite à son minimum: la création d’un espace d’accueil et de circulation, un ‘foyer’ au sens théâtral. Son existence permettra une nouvelle répartition des espaces en studios de création pour le spectacle vivant et en lieux de travail à la table.
Allons-y ! Il faut désormais penser à une forme juridique, aux travaux essentiels au fonctionnement du bâtiment et définir précisément l’équipement scénographique nécessaire à la mise en valeur de chaque studio.

L’histoire du poteau
Faire le vide sans effacer l’histoire du bâtiment : il faut évacuer les débris tout en conservant l’identité du lieu. Que doit-on conserver ? Trois semaines d’interactions qui permettent de clarifier l’espace mais également le projet à venir. Une petite annonce trouvée sur un poteau nous permet de dénicher un ferrailleur. Pendant ce temps, le maître d’ouvrage nettoie les murs au karsher. C’est décidé, on garde la pointeuse!
Cette première intervention est à l’image de tout le chantier : des discussions sans fin et des choix méticuleux qui définissent petit à petit l’esthétique du projet.

Conception in situ
Pendant ce temps, trois entreprises prennent place autour de la table. Leur ouverture à la discussion et leur capacité à proposer des solutions est mise à l’épreuve. Chaque bout de toiture est analysé pour trouver la meilleure solution technique. Et il y a de tout : remplacement complet, charpente comprise / nouvelle couverture et consolidation de la structure existante / bac acier et membrane d’étanchéité.
Le 1er décembre … : le premier bloc de maçonnerie est posé, les entreprises prennent possession du lieu. Les décisions se modifient au gré des démolitions et des découvertes, le projet s’affine et se dessine sur place.
Un mur en briques mis à nu entraine de nouvelles réflexions sur la finition du mur opposé. Le maître d’ouvrage s’improvise peintre en bâtiment.

Un garde-corps en acier ciré et un coup d’œil à la charpente métallique existante, vue de la mezzanine tout juste achevée, entraine une nouvelle vision du dispositif d’accrochage scénique.

Un établi conservé des temps anciens, parce qu’on finira bien par en faire quelque chose, devient le squelette du plan de travail de la cuisine.

Un empilement de bois de charpente, prêt à être évacué, est mis de côté pour la scénographie du spectacle en cours de création.

Une idée têtue mais encore vague des vestiaires/douches entraine un meuble à double face et des percements dessinés à même la maçonnerie.
 

Le premier du mois
Chacun étend son rôle jusqu’au point culminant de cette drôle d’aventure : une journée de festivités destinée aux acteurs du projet, une façon de célébrer cette mise en commun des savoirs en dehors de toute convention.
Le rendez-vous est pris pour le 1er mai 2009, cinq mois exactement après l’entrée en lise des entreprises! Encore une fois chacun s’engage à sa façon pour donner un joyeux mélange. L’entreprise générale organise un barbecue façon portugaise, les ferronniers improvisent un cours magistral de salsa et un concert intimiste de violoncelle, le maître d’ouvrage se met en quatre pour préparer à manger… et planter le premier arbre! Même les voisins et la brasserie du coin, refuge des réunions de travail hivernales, se prennent au jeu …

Une fin programmée …
Cet événement marque le prolongement de ces relations consolidées par des mois de travaux. Le bâtiment est ouvert à la location, nouveaux venus et ouvriers partagent les espaces. Brane Project y peaufine son installation sonore pour les Nuits Bleues de Lyon pendant que architectes et ferronniers conversent autour des dessins du portail.

Une date est arrêtée pour la première présentation d’une étape de travail de la Societas Peridurales dans la Halle : le 29 août 2009. La location des espaces s’organise entretemps, le Théâtre National de la Communauté Française y séjournera également quelques semaines. Comme une réminiscence de l’empreinte de l’Escaut sur ce projet.

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De architecturale interventie werd tot een minimum herleid: een `foyer' in de theatrale zin van het woord traverseert de breedte van het gebouw en verdeelt de ruimtes in werk- en creatieplekken.
Ter plaatse werden de competenties van de opdrachtgevers, de aannemers en van L’Escaut verenigd om het gebouw te herweken en de houtresten te herinterpreteren tot meubilair.

The architectural proposal is reduced to the minimum : a "foyer" passes through the building and arouses a new layout of the former spaces into rehearsal and creation places.
On-site, the skills of the client, the building companies and the ones of L'Escaut melt with one another in order to reshape the building, reinterpreting fragment pieces into furnitures.

Nature
Transformation of an industrial space
Program
Creation platform for live performing arts
Location
51 rue Sylvain Denayer - 1070 Brussels
Duration
2008 - 2009
Client
Carthago Delenda Est sprl
Author(s)
L'Escaut / Full mission of architecture and scenography
Surfaces
gross : 1.200m²
Budget (excl vat)
500.000 € (arch.) + 50.000 € (scéno)
Team Escaut
Mélanie Brière - Florence Hoffmann - Olivier Bastin
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